le sens de l’eau

Voilà un sujet qui a fait couler beaucoup d’encre et qui continuera encore bien longtemps. La pêche est une passion, sans être une science. Cependant, si la pêche n’est pas une science, nombreuses sont les lois de la science qui régissent notre passion : dynamique des fluides, balistique, chimie, biologie  : variation du taux d’oxygène dissous en fonction des températures et de la pression atmosphérique, besoins physiologiques des espèces, caractéristiques des milieux etc… A partir de ces constats, on comprend pourquoi la rationalité laisse parfois place à ce fameux sens de l’eau.
C’est quand même plus pratique de se réfugier derrière ce concept que l’on ne peut définir précisément. Comment expliquer que deux pêcheurs avec le même matériel, sur un même plan d’eau, au même moment prendront rarement la même chose? On pourrait conclure que le hasard joue un rôle important dans cette histoire. Mais il n’en est rien. Pour preuve : ce sont souvent les mêmes qui en prennent plus et des plus gros. Il y a donc bien des explications rationnelles dans toute cette histoire.

En fait le soit disant sens de l’eau est la résultante de l’expérience, de la connaissance du milieu de espèces mais aussi de la maîtrise des techniques adéquates. En fonction du moment, l’un de ces facteurs prendra le dessus sur les autres. Bien que, pour prendre des poissons, même si on maîtrise bien une technique, c’est toujours plus “rentable” de pêcher là ou ils sont…

Un dernier point important et que beaucoup néglige, en particulier avec l’arrivée des sondeurs dernier cri, c’est tout simplement l’observation. Il est toujours bon de prendre un moment pour regarder, ce qui se passe en surface. Que ce soit à la truite pour les gobages, au carnassier pour localiser les blancs, en mer et sur les grands lacs pour les oiseaux aussi bien piscivores, que ceux qui sont herbivores. Pour ce qui est de l’électronique, elle est un outil parmi les autres dans votre arsenal, elle est là pour nous aider dans notre recherche, gagner du temps et confirmer des hypothèses. Mais les sondeurs ne vous dispensent pas de réfléchir avant de pêcher et pendant. Un petit retour aux sources sur des embarcations équipé sommairement permet de pêcher au “feeling” et souvent ça fait le plus grand bien. Repêcher en dérive sans moteur permet des approches discrètes tout en économisant les batteries.

Enfin, et c’est certainement le point le plus difficile dans l’équation, c’est de tenir compte de ces expérience, sans en être l’esclave. Pour pouvoir transposer des conditions rencontrées par le passé à un nouveau cas de figure, il faut l’avoir vécu plusieurs fois et cerner un maximum de paramètre. Dans le cas contraire on risque de remettre le même leurre que la dernière fois et de foncer dans le mur.

Les leurres et les mouches ne sont que des outils à notre disposition qui jouent sur les différents sens du poisson et sur ces réactions. Bien connaître l’espèce ciblée et les spécificités du leurre et du matériel sont les bases d’une pêche réussie et surtout de la compréhension de cette réussite. C’est uniquement comme cela que l’on pourra reproduire ce schéma lors de futures sortie.

Un dernier point, qui n’engage que moi. Ne jamais penser que l’on maîtrise totalement une espèce ou une technique. J’en apprend à chaque sortie, que ce soit sur les milieux, sur le comportement des poissons et aussi en échangeant avec les autres pêcheurs. Je crois que nous resterons toute notre vie des débutants mais qu’avec de l’observation, de la persévérance nous développons ce fameux sens de l’eau et par, conséquent nous vivrons moins de bredouilles, mais il y en aura toujours pour remettre les pendules à l’heure!!

Sur ce, je vous dis à bientôt au bord de l’eau.

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