Les bases de la pêche du sandre en verticale.

gros sandre pris en verticale

La pêche du sandre en verticale est sans le moindre doute la technique qui vous permet de déterminer avec un maximum de précision le positionnement des poissons et la morphologie du poste qu’ils occupent. Vu de loin cette technique peut sembler monotone voir même ennuyeuse. Une fois que l’on rentre un peu dans les détails on commence à entrevoir la difficulté de l’entreprise.

Bien présenter le leurre, pas si facile que ça bien souvent.

En effet, pour bien pêcher en verticale il faut être parfaitement conscient que l’on apporte le leurre devant le poisson via le déplacement du bateau. C’est là que les choses se compliquent. Bien entendu vous pouvez toujours tracer des grandes dérives au hasard et vous en remettre à votre bonne étoile. Mais quand il s’agit de faire passer un leurre à une vitesse donnée, avec un angle précis sur un post restreint avec du courant et/où du vent les choses se compliquent sérieusement. Néanmoins en respectant quelques principes de bases vous serez en mesure de prendre vos premiers sandres j’en suis convaincu.

Perçue comme une pêche d’hiver la verticale ne se limite pas à cela.

La trajectoire de base en verticale :

je réalise souvent ce schéma car il est à mes yeux celui qui résume le mieux la perception que dois avoir le pêcheur de son approche, de la localisation des touches et des changements qu’il doit opérer pour optimiser sa prospection.

la prospection de base.

Sur ce schéma vous avez la rive en trait plein noir, les courbes de niveau de symbolisées par des pointillés et enfin le déplacement du bateau en vert. Je réalise volontairement un déplacement sinusoïdale pour prospecter différentes profondeurs avec différents angles et à différentes vitesses. La plage de largeur varie énormément en fonction des milieux. Plus la pente est forte plus je vais “lisser” ma sinusoïde, moins elle forte plus je vais être obligé de décrire des zigzags importants pour trouver un changement de profondeur.

Quand les paramètres sont bien cernés les touches peuvent se succéder.

Pour en revenir au schéma, le trait vert symbolise mon déplacement. Les croix 1, 2 et 3 bleues symbolisent les touches que j’ai lors de mon premier passage. Je sais, j’ai de la chance, trois touches comme ça d’entrée c’est presque de la triche…Toujours est-il qu’en analysant la situation je remarque que : les touches se produisent souvent dans la même profondeur. Elles interviennent quand mon leurre descend la pente. Comme mon bateau va droit, si je n’ai pas touché à la vitesse, cette dernière est constante. Si j’avais eu les touches dans comme dessiné sur les croix 4 et 5 pendant que mon bateau tourne j’en déduirai que ma vitesse de croisière est : trop rapide si j’ai les touches quand je tourne et que mon leurre est à l’intérieur de la boucle et pas assez rapide si mon leurre s’était trouvé à l’extérieure de la la courbe.

Schéma n°2

Une fois les informations prises je modifie ma trajectoire pour optimiser. Le trait rose fluo me donne la nouvelle approche. Les poissons mordent à descendre, à une certaine vitesse et dans une profondeur particulière. Je réduis donc la largeur de ma prospection, j’allonge la durée des phases de descente et réduis, voir même j’annule les phases de montée. En revanche je conserve la vitesse de prospection que j’avais initialement comme j’ai eu des touches. Si j’ai davantage de touches alors je suis dans le vrai, si j’en ai moins je vais modifier les paramètres un par un pour trouver celui qui prédomine dans le déclenchement des touches.

schéma n°3

Sur ce schéma la ligne bleu est une alternative à tenter, je reste dans la profondeur qui m’a livrée les touches et je conserve ma vitesse initiale. C’est un trèsbon mode de prospection en rivière et en fleuve. On garde la profondeur dans laquelle on a les touches en remontant ou en descendant le courant.

En rivière, j’aime remonter le courant en gardant une profondeur identique.

Les paramètres de base à observer :

la vitesse : est un bien souvent un des facteurs clef. Entre 0,3 et 0,5km/h on est sur de la pêche lente, entre 0,6 et 1,4 km/h on est sur une vitesse classique avec une vitesse de base à 0,9 qui me donne très régulièrement de bons résultats. Au delà on est sur de la prospection rapide. Cette dernière peut s’avérer payante dans les grands milieux et aussi avec des eaux très claires. Sur ce dernier point, je ne saurai que trop vous conseiller de vous renseigner sur la réglementation locale, en effet on se rapproche fortement d’une pêche à la traîne et ce sera laissé à l’appréciation de l’agent… Si les mentalités ont bien évolué dans certaines régions il en est d’autres dans lesquelles je vous déconseille de tenter l’expérience malheureusement.

La présentation semblait bonne.

la profondeur : les poissons se placent souvent dans une couche d’eau bien spécifique. C’est la turbidité de l’eau et le taux d’oxygéne dissous qui ont tendance à principalement déterminer la répartition spatiale de nos percidés. Les petites astuces : en général plus un lac est long plus vous devrez pêcher profond si vous allez vers l’aval. La sédimentation des particules en suspension permet à l’eau de s’éclaircir, plus l’eau est claire sur la partie du lac ou vous êtes plus les poissons seront profond. En période estivale si vous avez des échos suspendus dans une profondeur spécifique et que vous souhaitez pêcher classiquement en verticale. Trouvez un plateau à cette profondeur. Il y a de fortes chances que vous ayez quelques touches. Plus la lumière monte, plus les poissons descendent. Il est fréquent de changer des profondeur de pêche au cours d’une journée en fonction de l’ensoleillement.

plus l’eau est trouble moins les poissons sont profond.

Un dernier schéma pour illustrer ce qui se passe quand vous modifier quelques détails dans votre ligne. Vous constaterez qu’il y a toujours un ventre qui se forme dans la ligne. Plus vous pêchez avec une grosse tresse, plus vous pêchez vite, plus le leurre est léger, moins la tête est profilée, plus la caudale est importante plus ce ventre va apparaître et par conséquent plus le leurre va “reculer” par rapport à la l’aplomb du bateau.

sandre au leurre souple
Sur ce type de touche, considérez que tout était bon.

Il est fréquent que les poissons prennent quand la ligne a un angle spécifique. Pour faire simple si les poissons ont une préférence pour les animations de type ascensionnelles vous aurez majoritairement les touches à l’aplomb. En revanche plus vous pêchez loin du bateau plus vous minimiser l’incidence des levées de canne. L’animation est par conséquent plus rectiligne. A vous de trouver le bon compromis.

Une bonne dérive récompensée par un joli poisson.

Voilà déjà de quoi alimenter votre réflexion. La base de la pêche du sandre c’est cette dernière! Au delà des leurres et du matériel, la pêche commence avant tout dans votre tête et dans la capacité que vous allez avoir à interpréter chaque détail et à l’intégrer dans votre stratégie. Je vous dis à très bientôt pour une autre news avant je l’espère que l’on puisse retourner sur l’eau.

13 thoughts on “Les bases de la pêche du sandre en verticale.

  1. Toujours un plaisir de lire tes articles, en espérant un jour faire un guidage Sandre dans ta région car à coup sûr, ça sera très enrichissant.
    Merci

  2. Bonjour Gael
    Encore une fois, un super article!
    Quelle vitesse utilise tu en lac de barrage en général ?
    En hiver, comment prédéfinir la bonne profondeur ?
    Bon dimanche

    1. Bonjour, en général en lac je démarre sur une prospection à 0,9km/h.
      Pour déterminer ta profondeur de pêche tu peux partir sur la théorie avancée par Quentin Dumoutier qui consiste à regarder à quelle profondeur disparaît un leurre blanc que tu immerge et à multiplier par 10 cette profondeur.

      1. Merci beaucoup Gael. C est déjà comme ça que je commence ma pêche et ça me rassure. Le reste est plus compliqué et les journées souvent compliquées. Lol
        Je n’ai pas pu réserver une journée de guidage l an passé mais cette fois ci j aurais le plaisir d apprendre à mieux pêcher grâce à toi. Prends soin de toi et de ta family

  3. Salut Gaël, super tuto . J’aurais 2 questions. J’ai vu sur une de tes conférences la technique qui permet de trouver la profondeur des Sandre en plongeant un leurre blanc dans l’eau et de multiplier par 2 ou 3 la profondeur à laquelle le leurre disparaît. D’autres personnes disent qu’ils faut multiplier par 10 cette profondeur. Pourquoi un tel écart? Deuxième questions, si j’ai pas de moteur électrique et une dérive nulle. Comment pourrais je m’en sortir pour pêcher le sandre en hiver ? Merci bonne journée cordialement

    1. Bonjour David, en fait tout dépend des profiles, en effet par exemple en lac le fait de multiplier par 10 donnes une bonne indication de la profondeur de pêche pour débuter. En rivière, il faut selon moi, sauf rivières très profondes, revoir ce chiffre à la baisse et partir sur une base de 3 à 5 fois la profondeur. Pour ta deuxième question, sans moteur électrique et en l’absence de vent il me semble difficile de faire de la verticale sauf si tu tombe dans le cas de poissons qui prennent à une vitesse quasi nulle. La solution alternative c’est de pêcher au drop shot en lançant ton montage.
      Bonne fin de weekend.

      1. Merci Gaël, j’ai essayé rabodange en hiver en utilisant un poid de barque et en lançant au ls en linéaire à gratter et pas un touche de la journée. Ce jour là, j’ai pas essayé le finesse ni le drop shot c’est peut-être pour ça que j’ai rien eu. 🙂

  4. Bonjour Gaël, tu réserves généralement la verticale pour quels mois? Est-il possible de faire de la verticale en palmant en float-tuble (la vitesse du float tube est-elle suffisante?)

    1. Bonjour,
      en général je pratique du début de l’automne en complément du linéaire et plus on avance dans l’hiver plus la verticale prend de place dans mes pêches.
      Tu peux très bien pêcher en float il n’y a pas de contre indication. Amuses toi bien.
      A bientôt

  5. Bonjour Gaël,
    J’envisage de pêcher en verticale en rivière et en float tube, je m’interroge beaucoup sur ma vitesse de dérive quand je descends le courant.
    Quelle vitesse, je palme uniquement pas de moteur, le courant commence à s’intensifier et ma question est dois-je palmer pour être à une vitesse de 0,5 ou 0,9 kms/h pendant ma descente si je me laisse porter par le courant est-ce bon ?
    Si je me laisse descendre et place de temps en temps à contre courant mon leurre va s’animer mais est-ce suffisant ?

    Je recherche pas mal de réponses à ces questions sur le net mais ne trouve rien.
    Peux-tu m’éclairer ?

    Merci.

    Freddy

    1. Bonjour Freddy,
      tous les cas sont envisageables et peuvent te rapporter des poissons. Le plus simple consiste bien entendu à se laisser porter à la vitesse du courant. Si l’eau est claire et les poissons un peu difficiles c’est souvent meilleur d’aller un tout petit peu plus vite. Enfin, tu peux envisager de mixer un peu les deux à savoir te laisser dévaler et palmer de temps en temps pour accélérer ton leurre, changes de veine d’eau à ce moment là tu auras encore plus de touches.
      A bientôt.
      Gaël

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