La saison des champignons.

L’automne arrive à grands pas et son cortège de souvenirs qui vont avec. Ce sont ces matins brumeux qui étouffent les sons, les mésanges à longue queue qui évoluent d’aulne en aulne sans même se soucier du pêcheur et toutes ces couleurs que les premiers rayons du soleil viennent faire exploser. Autant de petits détails qui viennent contribuer à cette sensation de plénitude qui font qu’à cet instant, le passé et le présent ne font plus qu’un comme si le temps s’était supendu.

lever de soleil soleil
lever de soleil sur le lac

C’est aussi la saison des champignons, tout gamin mon père m’emmené souvent chercher des petites merveilles. J’ai passé je ne sais pas combien d’heures les yeux rivés au sol et les oreilles aux aguets. En effet, la forêt ce ne sont pas que des arbres, ce sont des odeurs, des sons caractéristiques, entre le cri du geai qui vous informe qu’un renard ou autre est dans les parrages, le bruit du merle qui retourne les feuilles pour y dénicher quelques vers et qui fait plus de bruit de le chevreuil que vous venez ce lever. Cette bécasse qui s’envole avec ce bruit caractéristique et vous fait sursauter car elle était sous le petit épicéa couché au sol et recouvert de fougères que vous étiez entrain d’enjamber.

En mycologue averti mon père connaissait un très grand nombre d’espèces, il a pendant une grande partie de sa vie partagé ces connaissances avec le grand publique lors d’expositions et de sorties organisées par l’association dont il était menbre. Pour autant, il m’a enseigner à les ramasser avec dicernement et modération. Encore maintenant quand je trouve le temps d’aller avec la petite famille réaliser une petite cueillette, je selectionne soigneusement les champignons et en général je me contente d’une ou deux espèces maximum.

Un bon résumé : une vraie truite de souche, des girolles et un bon copain.

Une chose pourtant me bloque de plus en plus, tous ces gens qui hurlent sans cesse, remplissent des sacs sans discernement avec, bien souvent, un chien qui court dans tous les sens et ne revient jamais quand on l’appel. Il en faut pour tout le monde, je le conçois, mais la société de consommation est venue nous ratrapper dans ces sanctuaires. Et je dois avouer que je n’ai pas du tout envie de me mêler à cette foule qui, en plus de pas savoir apprécier, le moment se permet de gâcher complètement le votre.

On ne transmet pas qu’une passion, on transmet des valeurs!

Messieurs les pêcheurs parfois je ne vous comprend pas. Comment peut-on militer pour la relàche des poissons et aller faire une photo d’une table complète remplie de cèpes dont certains sont assurément remplis de vers. Ce genre de photo me fait sincèrement penser aux tableaux de pêche étalés dans l’herbe. Nous sommes les acteurs du présents mais aussi du futur. Si tout le monde se contenter d’un prélèvement raisonné il n’y aurait pas autant de restriction à tomber de part et d’autres.

Cette même truite de mer prise en photo dans une cuisine en choquerait plus d’un!

La dernière sortie que j’ai réalisé avec mon père, alors qu’il avait du mal à se déplacer, je l’ai emmené dans un des mes coins. Il ne l’avais jamais fait et pourtant, à un moment, alors que nous cueuillions quelques chanterelles et trompettes il me dit, va voir au pied de la bourdaine là bas il doit y en avoir. De fait il y en avait! Ce n’est que maintenant que je comprend pourquoi il en trouvait toujours plus. Il ne cherchait pas des champignons mais des associations végétales…Il en va de même à la pêche, imprégnez vous de tout ce qui vous entoure, bien souvent la réponse à la solution est juste là mais pas forcément comme on l’attend.

Sur ce je vous dis à bientôt au bord de l’eau.

17 thoughts on “La saison des champignons.

  1. Un article qui ravit mon lundi, que de souvenirs aussi ! et ce prélèvement raisonné de notre Nature, ça me parle encore une fois ! merci Gaël !

  2. Magnifique ,même si je ne vais pas aux champignons c’est comme si j’y étais, et quand tu parles de peche c’est pareil ,et pour ce qui est de l’éducation et le respect des gens ,ma phrase type en ce moment, c’est que je suis content d’êtres plus près de la fin que du début, Je n’aurai pas la désolation de voir jusqu’où la bêtise humaine peut aller, en attendant merci pour ce récit, et maintenant au boulot , j’attend ton encyclopédie sur la peche des carnassiers pour m’améliorer

    1. Bonjour Olivier,
      merci pour ce qui mot qui m’encourage à persévrer dans ce que je fais et ce que je tente de transmettre.
      Bonne journée
      Gaël

  3. Oui l’automne arrive à grands pas, c’est cette atmosphère et cet air plus frais qui me rappelle tant de souvenirs de ces automnes gamin. Les chants des oiseaux n’ont plus la même virtuosité. Les odeurs des sous-bois et de bords de rivières se mélangent. J’ai découvert seul tant de chose de ce que la nature m’a offert et je lui en serais toujours reconnaissant.
    Ces instants sont magiques et en même temps éphémères. Je dis souvent, lors de mes sorties photos que je parcours ces endroits en solitaire !!! Mais seul, je le suis rarement. La nature est un livre, un livre sacré et à chaque sortie photographique, j’ai l’impression de réapprendre à lire.
    Moi comme toi, J’ai transmis et je continue à transmettre ces valeurs à mes petits-enfants.

    1. Merci pour ce petit mot l’ami. Un grand bravo à toi pour tes vidéos qui retranscrivent bien ces atmosphères si particulières qui nous font voyager.
      Bonne journée.
      Gaël

    1. Bonjour,
      merci pour ce petit mot sympa. Heureux de constater que tout n’est pas perdu et qu’il y a encore des personnes qui partagent mes convictions.
      Bonne journée.
      Gaël

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