Adapter son ferrage dans les pêches de salmonidés.

Dans ce dernier bloc sur le ferrage nous allons aborder les différents ferrages en fonction de la technique employée sur les truites mais également sur les saumons et les truites de mer.

Le ferrage au toc :

pour faire relativement simple à la pêche au toc j’adapte le timing de mes ferrages à la taille des esches que j’utilise. En effet si je pêche avec une teigne, une larve, ou autre petite bestiole, je vais avoir tendance à ferrer dès que mon indicateur s’arrête. Dans tous les cas les ferrages au toc sont francs et amples. On adapte seulement la puissance de ce dernier par rapport à la distance de pêche, au diamètre du fer de l’hameçon et au bas de ligne.

truite fario au toc
Sur les pêches d’été avec de petites esches le ferrage instantané est recommandé.

Sur les pêches en eaux fortes, avec des esches plus grosses, j’ai tendance à attendre de sentir un peu plus le poids du poisson dans ma ligne, bien souvent on ressent un toc bien net voir deux avant que la ligne ne se décale. C’est à ce moment que je distribue généreusement!

Avec les gros vers de terreau il est bon de différer légèrement le ferrage.

Il y a un autre ferrage qu’il est bon de différer. Lorsque l’on pratique avec des insectes entre deux eaux. Pour bien piquer les poissons, il convient de pêcher avec une ligne assez détendue et de ferrer uniquement quand le poisson s’est replacé. En effet, la touche se traduit par une tirée brutale. Si on ferre instantanément, c’est raté à tous les coups. En revanche si on laisse le poisson redescendre c’est dedans!

une belle truite de Normandie prise avec des insectes.

Pour les truites de mer c’est plus délicat. Pour faire simple on peut considérer les touches de finnock, à savoir les petites truites de mer qui n’ont passé que quelques mois en mer. La touche est assez semblable à une fario et le ferrage ne pose pas souvent de problème en respectant les règles énoncées ci dessus.

Les petites sont plus joueuses que les grosses.

Pour les gros poissons c’est plus compliqué. La plupart des touches se traduisent par de petits tocs, un peu comme un vairon. Difficile de vraiment savoir quand ferrer. A ce jeu, je ne gagne pas à chaque fois. En revanche, si vous avez mis dans le mille vous n’allez pas attendre longtemps pour en avoir la certitude. L’autre type de touche assez fréquent se traduit par une tirée massive et franche. Dans ce cas je ferre directement et normalement c’est au bout.

Sur les plus jolis poissons c’est sensations garantie à condition de parvenir à les ferrer.

les truites au poisson nageur :

Que je pêche amont ou aval, je ne ferre pas trop fort dans l’ensemble au poisson nageur. Quand je pêche aval j’ai tendance à effectuer un balayage vers l’amont quand je sens le poisson peser sur ma ligne. En pêche amont, en général j’utilise des cannes plus courtes et c’est donc avec le poignet que j’imprime un petit coup quand le poisson a tourné avec le leurre.

Début de saison : pêche aval et canne longue.
Petite rivière, saison avancée petite canne!

Pour les pêches à la cuillère amont, inutile de ferrer, on continue de mouliner en tenant bien la poignée. Les truites ont le don de taper sèchement, si la manivelle vous échappe à ce moment, c’est manqué. On relève la canne seulement quand le poisson commence à se débattre. Je ne vais pas trop développer le leurre souple, j’y pêche trop peu pour vous donner des pistes vraiment fiables. En revanche, lors de mes sorties en réservoir en prenant le temps de rendre un peu la main, j’ai toujours eu de bons résultats. Ce sont des gros poissons et ils proviennent d’élevage, difficile de transposer sur des poissons sauvages de plus petite taille.

Ferrer les truites de mer au leurre :

Je pêche les truites de mer uniquement au poisson nageur et aval 95% du temps. J’ai recours à deux ferrages différents, un balayage ample et parallèle à la surface lors des touches caractéristiques à savoir petit toc bien sec suivi d’une lourdeur. Ces touches interviennent souvent au niveau des cassants de la fosse.

La touche caractéristique et son ferrage ample et ferme. Le triple est piqué dans la mâchoire inférieure.

Il y a deux autres types de touches, les petites touches suivies d’un poids sur le radier et les leurres qui cessent de vibrer. Bien souvent, je ne ferre pas, je me contente de relever la canne. Dans ces cas de figure les poissons sont piqués sur l’hameçon simple situé en queue. De la même manière quand j’anime mon leurre avec des tirées relâchés, le poisson attaque systématiquement sur la phase de re-descente, je me contente de relever la canne dans ce cas de figure également.

Le poisson est piqué sur l’hameçon de queue, un classique des touches timides et de celles à la re-descente.

Ferrer les saumons au leurre, l’avis de de Kilian Lebreton.

Ce n’est pas, avec en moyenne un saumon tous les ans que je vais me permettre de vous expliquer comment faire. Kilian, qui guide sur ce poisson en France mais également en Irelande dans le comté de Kerry m’a gentiment proposé de développer cette partie. Pour faire assez simple dans 80 à 90 % des cas Kilian ne ferre pas, il attend 1/2 seconde suite à la touche avant de relever la canne.

Kilian et un joli saumon pris à la cuillère.

Cependant ce serait trop simple si ça marchait toujours comme ça. Aussi Kilian distingue trois catégories de leurres avec bien entendu les touches mais également les ferrages qui vont avec :

les cuillères tournantes : il ressort que dans tous les cas il ne faut pas ferrer. Cependant, plus la rivière est rapide plus ce serait simple de piquer le poisson. D’après Kilian, les poissons sont plus compliqués à ferrer dans les rivières Normandes que dans les rivières Bretonnes en raison d’une vitesse d’écoulement moins importante.

les ondulantes et les leurres souples : ces deux leurres ne sont pas ces favoris mais en revanche la prise en bouche est, d’après Kilian plus franche. Le poisson prend dans l’axe du leurre, la touche se traduit par un mou dans la ligne. Le fil se détend alors. Il convient d’opter pour un ferrage puissant type brochet.

Un joli saumon tout frais. Bien joué Kilian.

Les poissons nageurs : ils ont la préférence de Kilian. D’après lui pas de ferrage et on laisse le temps au poisson de tourner ou de redescendre avant de lever la canne. Le timing d’après lui peut varier d’1/2 à 2 secondes en fonction de la profondeur du poste. En procédant comme cela Kilian décroche peu de poissons. Un grand merci à lui pour ces infos qui je l’espère vous serviront.

Il me reste à vous souhaiter à tous une bonne continuation dans ce confinement et à remercier celles et ceux qui travaillent pour continuer à faire tourner la machine. Prenez soin de vous et des vôtres.

3 thoughts on “Adapter son ferrage dans les pêches de salmonidés.

  1. Bonjour Gaël,
    Merci pour ta leçon de ferrage très intéressante. En te lisant je me dis que je n’intègre pas suffisamment ces éléments à ma pêche ! Il y a sûrement beaucoup à gagner en efficacité en pretant plus attention à nos techniques de ferrage…
    J’ai quelques questions qui me viennent :
    1) sur mes leurres à truite, j’ai remplacé tous les triples par des hameçons simples sans hardillon. Je trouve que ça engendre pas mal de décrochés. Est-ce que ça peut venir du ferrage ? Ou plutôt comment adapter le ferrage pour limiter les décrochés ?

    2) peux tu expliquer ta technique de pêche aux insectes ? Quels insectes ? Quel montage ? Comment effectuer les dérives ? Pour le ferrage, si je comprends bien tu laisses partir la ligne (avec la truite) et une fois la truite immobilisée, tu ferres ? Pas de risque que la truite ait complètement avalé l’hameçon ?

    Merci, bonne soirée
    Mathieu

    1. Bonjour Mathieu,
      pour répondre à ta première question j’ai fait le même constat que toi sur nos truites de Normandie, a savoir assez peu d’eau et des poissons de taille moyenne, avec les hameçons simple je décroche tout ce que je veux…la moins “mauvaise” solution que j’ai trouvé pour préserver un maximum le poisson sans hypothéquer les chances de capture c’est de pratiquer avec des triples dont j’écrase les ardillons.
      pour ce qui est de la technique aux insectes, c’est ce que tu trouves au bord ou dans l’eau, ça peut être des portes bois, des culs verts, des sauterelles tout peut y passer. Quand je dis qu’il faut laisser la truite de replacer c’est que généralement elle monte ou se décale pour chercher l’esche. Elle se remet ensuite en place, c’est là qu’il faut ferrer mais tout cela va très vite. Tu attends une seconde, deux maxi.
      Le prochain post devrait être sur les plombées au toc, je développerai donc un peu plus chaque cas de figure.
      En attendant bon courage et merci pour ce petit mot.

  2. Bonjour Gaël.
    Ne n’aurais pas su expliquer ma façon de ferrer, mais dans le peu de pêches que je pratique, tes explications semblent correspondre à ma façon de faire. Merci d’avoir mis des mots sur mes ressentis…
    Merci Gaël et au plaisir 😉

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